6ème CONGRÈS EUROPÉEN DE SCIENCE DES SYSTÈMES
Paris, 19-22 septembre 2005
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Les processus d’intégration/rejection de la pensée systémique
et de la modélisation de la complexité
Teresa Ambrósio, Lisbonne
L’approche systémique et le concept de complexité sont désormais courants à travers tout le spectre des connaissances et des recherches ; par contre, leur intégration dans la praxis et dans le cadre de la vie quotidienne rencontre des résistances et des difficultés. Une poussée évidente dans le sens d’une structuration méthodologique de haut niveau, axée sur les développements mathématiques et la complexité informationnelle est manifeste dans les domaines de la Physique et les Sciences de la Vie, et une ouverture est bien perceptible dans des domaines d’application tels que les marchés financiers, les telecommunications, la production industrielle, où les Sciences des Systèmes et de la complexité se constituent presque comme une ingénierie structurelle. Par ce biais, on peut s’attendre à ce que leurs modes d’analyse et de structuration scientifique soient plus facilement intégrés et leurs résultats plus facilement acceptés. Par contre, on trouve une résistance répandue à la mise en rapport de nos aperçus heuristiques et empiriques de la complexité et même les savoirs acquis du quotidien avec le savoir académique structuré visant la modélisation des systèmes complexes. L’héritage cartésien se montre encore dominant et n’est certainement pas propice aux visions holistiques globalisantes d’encadrement des problèmes du monde contemporain et des questions concrètes qui en émergent. Comprendre ce processus d’intégration/rejection de la pensée systémique et de la modélisation de la complexité, et aussi de la mise en œuvre d’actions pour le diriger constitue un programme intellectuel et pédagogique qui s’impose.